jeudi 31 août 2017

Flashback Oregon, partie I

Depuis notre retour le 2 juillet, on a été plus que silencieux sur ce blogue. Pas envie de parler. On était en introspection, et en état de choc, faut le dire. Ça nous a pris un certain temps à nous habituer à vivre à nouveau entre quatre murs. Les deux premières semaines, on a carrément joué à l'autruche. On a envoyé Juliette chez mes parents à Québec et on a tenté de s'occuper au max: on a refait la terrasse, nettoyé la maison à la grandeur, changé les meubles de place, aménagé une salle de jeu au sous-sol, you name it. Entre deux corvées, on se payait un bon resto en amoureux et une ballade dans notre quartier. Les soirs de pluie, on se laissait choir devant un film. La météo moche qui frappait le Québec à ce moment nous a déprimés encore plus. Jamais en cinq mois on avait vu tant de pluie.

Avec le temps, l'arrivée du soleil et le confort de notre belle terrasse, on s'est habitué. La seule qui semblait contente de son sort était Juliette, qui retrouvait son univers, ses jouets, ses amis. Elle nous a catégoriquement dit qu'il était « hors de question » qu'on reparte en long voyage. Alors pour le moment, notre seul moyen de voyager, est de regarder nos photos et de rêver au prochain départ.

Et il y a aussi le blogue! Au départ, il se voulait une plate-forme pour partager nos réflexions et nos aventures pendant qu'on est sur la route. Mais la vie sur la route étant ce qu'elle est, avec ses contraintes et ses moments moins forts, les dernières semaines de voyage ont été moins propices à l'écriture. Mais avec du recul, la passion de raconter et de partager revient. On a donc décidé de maintenir le blogue en vie en ajoutant des articles et des photos de cette aventure et en vous entretenant de nos activités futures, des transformations du camion, nos réflexions sur la vie de nomade et autres sujets palpitants, comme des meet-up de vanlifers (on en a deux au menu ce mois-ci)!

jeudi 29 juin 2017

The meaning of vanlife


Je suis un ADM (Avec Domicile Mobile)

Le titre n'est pas de moi.  En fait, c'est le titre d'un documentaire qui devrait voir le jour en 2018 et que je viens de financer sur KickStarter.
N’empêche que le titre m'a fait réfléchir.  On était supposé passer la Saint Jean (le 24 juin pour les non québécois) au BC grâce au rassemblement de Vanlifer organisé par Julien de Go-Van .  On était super excité Éliane et moi de vivre deux jours juste avec des gens qui vivent comme nous, sur la route.
Sauf que, le mauvais temps, les inondations à Penticton, les cerises en retard à Osoyoos, les bibittes à Vernon, les ours noirs à Rossland, les filles malades sur la route 3 qui viraille nous ont poussé trop vers l'Est pour revenir sur nos pas à temps pour le 24 juin.

Toujours est-il que je m'étais posé la question à moi-même en pensant aller à ce rassemblement: c'est quoi être vanlifer? C'est tu faire du plein air? c'est tu être SDF (Sans Domicile Fixe) ou plutôt ADM (Avec Domicile Mobile)? C'est tu être en vacances perpétuelles?

Comme ce voyage s’achève et qu'on est à quelques jours de prendre le chemin du retour, voila une petite rétrospective de nos 20,000 km de route ou nos 130 nuits sur un matelas de mousse ou nos 200 repas cuisinés au camp fuel dehors sur le vieux Coleman ou les 18 Parcs Nationaux Américains visités (pas mal pour 80$ US)  ou les (au moins) 15 sortes de sable de plage que Juliette a testées.



dimanche 11 juin 2017

100 jours de grâce

C'est les deux pieds dans l'océan Pacifique, en Oregon, qu'on a célébré 100 jours de vie nomade. Cent jours de liberté, de vie à se concentrer sur nos nombrils pour en tirer une leçon de vie, en famille. Cent jours de petits bonheurs. Cent jours de mini malheurs, bien sûr. Mais ça, on les laisse derrière!
À la manière des enfants de maternelle qui comptent 100 jours de classe et qui célèbrent sur le thème du 100 trucs-machins-à-partager-avec-tes-amis, voici une liste du matin jusqu'au soir, de 100 de mes petits bonheurs:

1. Me réveiller sans cadran
2. Entre-ouvrir le rideau pour voir le lever du soleil rose sur les montagnes
3. Regarder Stef dormir.
4. Sentir Juliette toute collée sur moi. 
5. Décider d'un regard complice de prendre la route juste après le lever du soleil.

À 9 600 pieds, fait trop frette pour dormir. On prend la route avec le sourire et on blaste la chaufferette! Dixie NF, UT

mercredi 17 mai 2017

Un peu de porn Américaine


Disclaimer: le contenu de cet article est très graphique et peut provoquer certaines envies de prendre la route.

North Creek

Quand j'avais 7-8 ans, mes parents avaient aménagé un Volkswagen Combi 1973 en camper.  On lui avait collé des mains de Pif Gadget mais jamais donné de nom: c'était le VV (vévé).  J'ai passé plusieurs étés à observer la route par les fenêtres et dormir dans le poptop quand on faisait du camping sauvage dans les gorges du Tarn.
Quand on fait de la petite route, Juliette est en arrière dans le lit queen au milieu des coussins et des jouets. Pis quand je l'espionne par le rétroviseur, je la trouve à plat ventre qui regarde la route par les fenêtres d'en arrière...un peu comme moi à son âge.

Notre chez nous à côté de Zion NP
En anglais, on dit : You are a product of your environment.  Ça s'applique autant pour moi que pour mes deux filles.  40 ans plus tard, je revis mes souvenirs de bord de rivière en camper et toute la famille est heureuse dans ce setup minimaliste.  On aime la musique de l'eau, le courant du ruisseau, les roches pour essayer de traverser sans se mouiller.

lundi 15 mai 2017

Celebrate, Good Times, Come on!

Attention... roulement de tambour... Eh oui! On a célébré au champagne nos 3 mois sur la route en fin de semaine à Moab, sur le bord de la rivière Colorado!





 

mercredi 10 mai 2017

La vita e bella!

C’est à peu près la totalité des mots italiens que je connais. Mais ils contiennent l’essence du dernier mois. On a été plutôt tranquille côté blogue… ça veut pas dire qu’on n’a rien à partager, au contraire: on en a trop! Tellement qu’on ne sait plus si on doit retourner en arrière et relater nos arrêts tel un guide touristique, ou juste vous présenter une collection Best of de nos photos, en désordre, ou comme ça vient.

Alors force est de constater, que même en pause du rythme effréné de la vie quotidienne, le retard me rattrape! Mon journal de bord façon papier est bloqué au Texas, et hier j’ai trié des photos datant du 13 avril… quasiment un mois! Pourtant, j’ai huit heures de plus par jour sans obligation travail. Je me lève vers 8h et me couche vers 21h30. Bien qu’on pourrait débattre longtemps sur les raisons de ce retard, disons juste que tout est une question de priorité… et que là, dans ce paradis de chaleur, de roches rouges et de fleurs sauvages, entourée de ceux que j’aime, j’ai d’autres priorités que la correspondance! On s’était dit que ce blogue ne devait pas devenir une obligation… alors voilà, on le néglige et on vous demande d’être indulgents! De toute façon… vous n'êtes pas tellement bavards non plus, même si on sait, par les stats du blogue, que vous nous suivez. J’imagine que ça s’équilibre!

Alors pourquoi ne pas commencer par la fin. Après tout… la vie est belle quand on commence par le dessert! On verra s’il reste de la place pour le reste après… Maintenant, il faut établir c’est où la fin… parce que là on revient d’une escapade dans le coin de Capitol Reef NP et de Bryce Canyon NP. Mais comme c’est trop frais, je vais garder ça pour plus tard… mais on vous fait un petit coucou de notre rando de 6,1 km à 7 000 pieds d’altitude par 25 degrés à Bryce. Ma championne était morte après!


Les reines de Queen's Garden à Bryce Canyon NP
Ouf... elle a gagné ses épaulettes! On a fait le reste en navette, après une bonne crème glacée!

mercredi 19 avril 2017

From Arizona to Arizona

Deux pas en avant, un pas en arrière

Tout le monde nous dit que 2017 est une année froide et on les croit.  Les images radar de NOAA et National Wheather Service sont devenues mon outil de navigation...Et la station service notre meilleure amie car notre petite danse de va-et-vient nous a fait franchir le cap des 11,000 kms (le quart du tour du monde).

La Californie

La route 66 menant en Californie, c'est chez Cécile et William qu'on a retonti pour une fin de semaine.  La première fois en deux mois qu'on dormait dans une vraie maison.  Maison splendide inspiration beach house avec oranges et citron à portée de main pour le plaisir de Juliette.






Nos amis artsy ont un talent pour la déco et nous faire sentir chez nous.







Entre plage à Malibu et Marché bio à Studio City, je jase des amis d'enfance (30 ans déjà) pendant que Éliane découvre William et que Juliette joue avec les jumelles Lia et Manon.  Je pense que toute la tribu a besoin de socialiser en français.
J'en profite pour tester le vélo à Los Angeles...C'est devenu un kick de pédaler les villes qu'on traverse comme si j'étais à Montréal. Je ressens un réel plaisir à rouler mon Kona n'importe où et n'importe comment.
So much pour mon remake de Terminator : le Los Angeles River est plein d'eau!



Joshua Tree

Joshua Tree est comme un jardin enchanté dans lequel on se ballade plus qu'on ne randonne. Le décors est simple mais semble imposer un sourire léger sur toutes les bouches.



On campe,comme en 2010 à canyon land, au pied d'un boulder. Je me souviens que planter la tente au pied d'un boulder m'avait fait sentir un vrai gars de plein air aux accents cro-magnon.



La cerise sur le sunday, nos voisins d'en face sont des Français expatriés à Portland ! Juliette profite de la langue familière pour jouer avec les garçons.  Merci encore à vous Aurore et Laurent pour le tuyau sur la piscine de Death Valley: on en a bien abusé pendant deux jours !
On inversé les rôles le temps de s'arracher la peau sur les boulder vraiment abrasifs.  Juliette joue aux parents pendant que les parents jouent à l'enfant.





La 395

Eliane m'a tellement parlé de la 395, le plus panoramique de toutes les routes de Californie avec ses BLM bordés de hot spring qu'on met le cap sur Lone Pine avec Bishop en vue.  J'ai fait mes devoirs, y a du vélo, randonnée et escalade en masse pour jouer deux semaines...Sauf que il fait -1C à Bishop : altitude oblige. Ma solution, dormir SOUS le niveau de la mer pour avoir bien chaud. Paré à virer? On vire tribord vers Stovepipe dans Death Valley sous 34C.



On y retrouve d'ailleurs nos voisins français de la veille installés au Texas qui organisent une chasse au trésor pour Pâques.  Le but, retrouver la centaine d'oeuf en chocolat planqués dans le désert avant qu'ils ne fondent ! Juliette à l'oeil et l'efficacité de sa mère.  Les filles partagent leur butin avant de se séparer...Je pense que Maëlla et Juliette aurait passés les quatre prochains mois ensemble.


Ce voyage est semé de supers rencontres mais hélas trop éphémères.


Las Vegas

Juliette, tu te souviens de la fontaine du Complexe Desjardins pendant le temps des fêtes?
Oui
J'en connais une plus grande et dans la rue en plus. Tu veux la voir?
Ouiiiii.
Coup de tête en quittant Death Valley, on file a Las Vegas voir les fontaines du Bellagio.

Un touriste nous explique en allemand (merci chérie de comprendre) qu'il vit sans payer et sans permis dans le stationnement du Mandalay Bay. What the heck: on s'installe comme lui et on grimpe dans le monorail direction les terrasses, le New York New York, Paris Las Vegas et bien sûr, le M&Ms world.

Les filles sont tout excitées d'être sur la Strip la nuit et Juliette se couche à minuit avec le Excalibur comme décor par les fenêtres de Zingaro : YES !

Je résiste à la tentation de mettre quelques coups de pédale sur la Strip à mon réveil car on a un méchant backlog de linge sale.



Lake Mead

Lake Mead est une sorte de love-hate relationship. Le décors et les gens sont parfois supers et parfois haïssables.  Les camping parfois chers et parfois gratuits.  Bref, on avait jamais testé ce parc et on fait des erreurs de débutant.

On en garde quand même un bon souvenir de camper sur le bord de l'eau gratos puis déjeuner sous les palmiers dans un hot spring.






Mon seul regret: ne pas avoir le temps de faire les démarches pour le sauvetage de ce monocoque acier abandonné dans le parc de la marina qui est devenu un cimetière pour bateau.